On a tendance à assimiler l'échelle à l'importance. Plus le geste est grand, plus il a de sens. Plus l'effort est visible, plus il compte.
Les choses ne fonctionnent pas vraiment ainsi.
Certaines des pièces qui finissent par compter le plus sont celles qui ne se sont pas annoncées. Un petit tirage choisi sans trop d'hésitation, accroché au même mur depuis six ans. Un tote bag attrapé avant de franchir le pas de la porte, devenu sans qu'on sache trop comment le seul qu'on utilise. Un objet qui ne coûtait presque rien et qui a survécu à tout ce qui l'entourait.
Les petites choses entretiennent un rapport différent avec le temps. Elles ne réclament pas l'attention. Elles ne demandent pas à être justifiées. Elles restent là, simplement, jusqu'au jour où l'on réalise qu'elles font partie intégrante de l'atmosphère d'un lieu, du déroulement d'une journée ou de notre façon de traverser le monde.
La création des petites choses possède elle aussi une dynamique particulière. Libérées de la pression de l'échelle, les décisions deviennent plus instinctives. On crée un objet parce que cela semblait juste, pas pour faire une déclaration. Et cela se ressent souvent dans le résultat — à travers une directivité que les pièces plus imposantes, plus réfléchies, perdent parfois en chemin.
Tout n'a pas besoin d'être majeur pour valoir la peine d'être créé. Ou conservé.
— Studio Ninette, designed in Belgium.
